De la différence entre la “mauvaise” prédiction et la “bonne” prédiction…

Les bévues célèbres des “futurologues” sont légions, de la voiture volante aux fameuses phrases de lord Kelvin, grand scientifique mais piètre prévisionniste (“La radio n’a pas d’avenir”, “Les machines volantes plus lourdes que l’air sont impossibles”, …. )

Source de l’image : site Paleofuture

Le magazine Slate consacre un article à ce thème, en tentant même d’aller plus loin puisqu’il se propose de nous apprendre “Comment débusquer les fausses prédictions technologiques”. L’auteur, excellent comme souvent, Farhad Manjoo, prend prétexte pour cela de la mésaventure arrivée au scientifique Clifford Stole, qui a vu son article de Newsweek datant de 1995 “The internet? Bah!” ressortir et faire florès sur Twitter.

L’article balaie très bien la question, mais échoue assez largement à tenir la promesse de son titre… Par exemple en affirmant fort étrangement que les “Les bonnes prédictions se fondent sur des tendances actuelles” tout en prouvant à longueur d’articles que ca n’est pas nécessairement vrai.

Il est d’ailleurs tout aussi simpliste de résumer le transfert de l’innovation technologique vers la société en la résumant ainsi “Certes, le rythme du changement technologique a ses limites, mais elles tournent en général autour de questions de prix et d’infrastructures, pas de personnes butées.”

Morceaux choisis, malgré cette limite au texte :

-“L’Internet que connaissait Stoll était «un terrain vague de données brutes» où il était impossible de trouver quoique ce soit d’utile.”

- “D’affreuses prédictions peuvent être très instructives - dans leur fausseté, elles soulignent les failles de nos propres visions de l’avenir.”

- “Ce que Stoll a raté ici, c’est la possibilité qu’une intelligence collective émerge d’un brouhaha en ligne.”

Bref, pour conclure, distinguer bonne et mauvaise prédiction est peut-être tout aussi difficile que de distinguer entre le bon et le mauvais chasseur !