L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier son nouveau rapport sur les perspectives technologiques de l’Energie. Ce rapport se donne comme horizon 2050 et s’inscrit dans le cadre de la thèse de l’AIE sur la nécessité d’une révolution énergétique reposant sur le déploiement généralisé de technologies décarbonées pour s’attaquer au défi du changement climatique.
Des ”possibilités plutôt que des prévisions”.
L’AIE semble enfin saisir la différence entre prospective et prévision… Mais avec encore quelques étrangetés. “ETP”2010” s’appuit en effet sur un scénario de référence qui est la prolongation vers 2050 de celui de leur “World Energy Outlook”, scenario quil repose sur l’hypothèse que les gouvernements ne mettent pas en place de nouvelles politiques énergétiques et climatiques. Puis le document présente un scénario BLUE Map (assorti de plusieurs variantes), basé sur l’objectif de diviser par deux les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie à l’horizon 2050 (par rapport aux niveaux de 2005).
Le rapport examine les moyens de l’atteindre au moindre coût, grâce au déploiement de technologies existantes et nouvelles à faible teneur en carbone. Qui plus est, ce scenario “permet également de renforcer la sécurité énergétique (notamment parce qu’il réduit la dépendance à l’égard des combustibles fossiles) et procure d’autres avantages qui contribuent au développement économique (par exemple l’amélioration de la santé grâce à une baisse de la pollution atmosphérique)”. Ce n’est donc pas seulement une analyse en terme de futurs possibles, mais bien la construction d’un futur souhaitable, le rapport se focalisant ensuite sur les voies et moyens en particulier technologiques pour l’atteindre.

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Comme le montre le graphique ci-dessus, et comme le souligne Anne Farthouat sur Novethic dans un compte rendu sur ce rapport, “sans surprise, l’agence préconise le déploiement d’un mix énergétique basé essentiellement sur la capture et le stockage du carbone (CSC), les énergies renouvelables et le nucléaire.”
Elle recommande des investissements publics majeurs en soutien de la recherche et du développement des technologies dans ces domaines, dans une optique très classique pour l’OCDE.
Une analyse distincte pour la région Europe de l’OCDE, les États-Unis, la Chine et l’Inde.
Ainsi, pour les pays européens de l’OCDE, “la décarbonisation du secteur de l’électricité devrait être quasiment achevée en 2050”. LEs Etats-Unis doivent modifier fortement leur mix énergétique, la CHine se concentrer sur l’investissement dans les technologies CSC étant donné le rôle du charbon, et enfin l’Inde doit construire directement un système à la hauteur de sa demande future qui soit “décarboné” dès la conception.
(Merci à Arnaud Camuset pour le lien vers Novethic)
